• Communément appelée "Joutes sétoises", cette forme de joutes est essentiellement pratiquée à Aigues-Mortes, Agde, Frontignan, La Grande-Motte, Mèze, Palavas et Sète, évidemment. L'épreuve reine est les fameuses joutes de la Saint-Louis à Sète le 25 août (depuis 1743), mais un championnat de France (depuis 1941) et une Coupe de France (depuis 1962) existent également dans trois catégories de poids : Lourds, Moyens et Légers. Un quart des licenciés français pratiquent les joutes sétoises. Autres épreuves importantes : le Pavois d'or (depuis 1903), toujours à Sète, et le Trophée du Languedoc (depuis 1920), à Agde le premier dimanche d'août.
• Les barques lourdes propulsées par huit à dix rameurs se croisent à droite. En plus des rameurs, deux musiciens (tambour et hautbois) et le « timonier patron » : le barreur. Les jouteurs sont montés sur une plate-forme se situant à près de trois mètres de l'eau, la tintaine. Sur la partie basse de la tintaine, se tiennent les jouteurs des prochaines joutes.
• Un jouteur en position est en fente-avant, à la manière d'un escrimeur. Pas de position de grand écart en joutes sétoises. C'est une joute en force, d'autant que le jouteur porte une (très) lourd pavois (bouclier) de 70 cm de haut pour 40cm de largeur et une lance de 2m50 l'autre main. Avant 1920, les pavois étaient encore plus grands (20 cm de hauteur en plus) et plus lourds.
• Le vainqueur est celui qui reste en place sur la tintaine après l'assaut. Une tenue intégralement blanche est obligatoire pour tous jouteurs. Le port des chaussettes (blanches) est obligatoire. Tout jouteur mouillé devra se changer avant de jouter à nouveau.
• Parmi les grands jouteurs du passé, il convient de citer Louis Vallié (dix victoires à la Saint-Louis) et Barthélémy-Louis Aubenque, dit « le terrible », qui défia (avec succès)un pont 1749!
• La musique est omniprésente à l'occasion de joutes sétoises. Une pena est toujours chargée de ponctuer les exploits des jouteurs, tandis que les rameurs ont droit à deux musiciens embarqués.
• Contrairement aux autres formes de joutes, pas de classement par équipes en joutes sétoises. Seul le jouteur individuel est couronné. La Ligue du Languedoc est affiliée à la FFSJN depuis 1974. Sète tient une place centrale avec sept sociétés (clubs) pour cette seule ville. Toutes méthodes de joutes confondues, Sète est un cas unique. Mèze et Frontignan comptent deux sociétés chacune et sont les autres seules communes de France comptant plus d'une société de joutes.
Méthode Provençale
• Joute pratiquée de Nice à Arles. Les barques sont motorisées et le pavois plus petit et moins lourd qu'au Languedoc.
Méthode Lyonnaise et Givordine
• Les joutes lyonnaises et givordine se pratiquent surtout dans la vallée du Rhône, plus généralement de Lyon à Avignon, mais aussi en région parisienne et sur les rives du Lot.
• Il existe quatre catégories seniors (léger, moyens, mi-lourd et lourd), puis sont apparues les catégories juniors (moins de vingt ans, séparés ensuite en léger et lourd), et cadets (moins de seize ans, séparé en léger et lourd depuis 1998). 1991 vit l'apparition des critériums des jeunes jouteurs, faisant s'affronter des enfants de onze à treize ans avec du matériel adapté à leur age. Cette catégorie minime est elle aussi séparée en léger et lourd.
• Les lances vont de 14 pieds (4,6 m) à 18 pieds (6 m) pour les seniors mi-lourd et lourd. Le jouteur est campé sur la plate-forme arrière du bateau, nommé tabagnon. Un « bourron » lui servant de cale pour sa main droite lui serre la cuisse droite. Le plastron, sorte de bouclier, est maintenu grâce à une sangle lui enserrant le cou et l'épaule gauche, tandis qu'une autre sangle beaucoup plus courte est passée dans sa main gauche. Il doit tenir sa lance des deux mains, sans la lâcher durant le déroulement de la passe. Il ne doit pas non plus toucher le tabagnon avec une autre partie du corps que ses deux pieds sous peine d'être aussitôt « mouiller » pour avoir « briqué ». Il est en outre obligé de piquer dans le carré central du plastron adverse, appelé « neuf ».
• Il existe deux positions que peut adopter le jouteur. La première, dite jambe « cassée », est la plus ancienne. Le pied droit calé sur le taquet situé à l'arrière du tabagnon, jambe droite tendue et jambe gauche légèrement pliée à l'avant. Cette positions a été la seule durant la première partie de l'histoire des joutes rhodaniennes. Néanmoins, peu à peu les jouteurs se sont étirés de plus en plus, nécessitant une plus grande souplesse (d'où le besoin croissant d'entraînement), et débouchant à terme sur la seconde position. La seconde posture est dite jambe « tendue ». Elle est apparue au début des années soixante-dix avant de se généraliser dans les années quatre-vingt. Le jouteur est pratiquement au grand écart sans pour autant toucher le tabagnon (voir plus haut). Cette position, si elle abaisse énormément le centre de gravité rendant ainsi le jouteur plus dur à battre, nécessite un entraînement soutenu aussi bien en souplesse qu'en musculation. Généralement, les jouteurs débutants adoptent une position jambe pliée avant d'adopter une posture plus basse au bout de quelques années.
• La différence entre la méthode lyonnaise et la givordine tient essentiellement dans le côté de croisement des bateaux. Les lyonnais se croisent à gauche tandis que les givordins croisent à droite. Il va sans dire que cette différence modifie l'équilibre du jouteur sur le tabagnon, compliquant le passage d'une méthode à une autre. Les sociétés, si elles pratiquent souvent les deux joutes, conservent tout de même leur méthode de prédilection.
• Il existe plusieurs compètitions. La plus cotée restant le championnat de France, en individuel, qui se déroule comme une coupe: phases éliminatoires, demi-finale et finale (à quatre). Toujours en individuel, mais seulement en ligue Rhône-Alpes, il y a le classement aux point sur toutes les compètitions régionales de la saison. Il y a enfin la coupe de France par équipes, où chaque clubs engage un jouteur par catégorie.
Méthode Alsacienne
• Joutes alsaciennes aussi appelées "Joutes strasbourgeoises", est pratiquée dans le Nord-Est de la France, mais aussi en Allemagne, Belgique, Suisse et Autriche. Le grand rendez-vous de cette méthode de joutes se déroule chaque année à Munich (Allemagne) où les jouteurs peuvent profiter des installations des Jeux Olympiques d'été de 1972.
• Pas de bouclier ni de protection pour le jouteur, mais la lance est munie d'un tampon de cuir. Le jouteur victorieux doit faire tourner par deux fois sa lance au dessus de sa tête afin de montrer au jury qu'il est physiquement indemne après l'assaut. Les barques de rivières sont propulsées par six rameurs.
• Un championnat de France est mis en place à partir de 1958.
Méthode Parisienne
• Pratiquée sur la Seine et la Loire et leurs affluents. Pas de bouclier ici, juste un plastron rembourré pour les jouteurs. Les barques sont motorisées.
• Longtemps rendu difficile par l'éloignement des différentes sociétés de joutes, un championnat de France est mis en place en 1980. Quatre catégories : Lourds, Mi-lours, Moyens et Légers. Un championnat de France féminin voit le jour en 1981 dans deux catégories : Légères et toutes catégories.
Autres méthodes
• Il existe de nombreuses autres méthodes de joutes nautiques pratiquées en France. Citons ici les joutes Cognaçaises, les joutes d'Accolay, les joutes de Merville et les différentes joutes bretonnes.